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World Electronics Forum

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LA TRIBUNE

 
Le retour de l’industrie française
 
Si l’on imagine la France comme leader de l’industrie européenne, cela peut sembler un doux rêve, une lubie de quelques nostalgiques ou de fans d’économie/fiction. Nous avons trop l’habitude de parler de nos usines pour annoncer des réductions d’activité, des regroupements ou des externalisations. Nous omettons de parler de ce qui fonctionne : les très nombreuses PMI et ETI qui constituent un tissu extraordinaire et indispensable à l’avenir économique de notre pays.

Elles sont pourtant bien là, actives, responsables, elles emploient des personnels de plus en plus qualifiés et elles ont pris conscience des grands enjeux, ceux d’une industrie mondialisée, responsable de l’environnement et connectée.

L’industrie française a également ses domaines d’excellence dans lesquels elle n’a rien à envier à ses voisins même les plus puissants comme en témoigne par exemple les services de production électronique où la France se situe à la première place européenne devant l’Allemagne en chiffre d’affaire. J’ai justement organisé le groupe LACROIX sur des complémentarités industrielles fortes plaçant la sous-traitance électronique au cœur de  notre stratégie industrielle.


Connecté. Voilà la clé de l’avenir industriel de la France

Après les révolutions de l’électricité, de l’informatique et de l’internet, notre industrie se trouve maintenant face à un défi fantastique et urgent, celui du digital. Il s’agit d’une mutation fondamentale et d’un enjeu stratégique pour assurer demain les débouchés et la compétitivité de la French Fab. A l’heure où les données se doivent d’être intégrées en temps réel pour assurer les approvisionnements, la fabrication, la distribution et servir au plus près les demandes des clients, seuls les systèmes connectés peuvent assurer une performance totale, celle qui sera la norme de demain. Et ce ne sera pas optionnel, nous le savons tous.

Les objets connectés industriels, la nouvelle vague

"L’horizon de l’Internet des objets et du Big data est celui d’un monde toujours plus densément connecté qui relie les hommes, les données et les objets dans un écosystème numérique désormais global", soulignait l'Institut Montaigne dans son rapport sur les objets connectés en 2015.

Où en sont les industriels français ? Ils ont certainement conscience des enjeux, peur aussi des coûts, des changements, des process à mettre en œuvre. Certains sont bien avancés, l’automobile par exemple mais globalement, nous ne sommes pas encore partis et suffisamment actifs, nous n’avons pas encore vraiment lancé le match des objets connectés industriels.

Rien que pour la France, le marché des objets connectés se chiffre pourtant en milliards d’euros dans le logement, le transport ou la santé. Tous les secteurs vont être impactés, tirés par les nouveaux usages. Les activités traditionnelles se décloisonnent et se connectent : c’est l’émergence du smart world et son accélération inéluctable concerne directement les univers professionnels : énergie, santé, mobilité, sécurité, agriculture, etc. 


Pas de smart world sans industrie électronique

L'industrie électronique est beaucoup plus jeune que les autres secteurs industriels. Après plusieurs vagues de croissance portées par la commande publique dans les années 70, puis par les besoins des entreprises en informatique, la dynamique a été brutalement arrêtée à l'aube des années 2000 par la crise dite des "télécoms". Notre pays est entre temps devenu le 1er pays européen pour les services de production électronique et le 2ème en Europe pour la fabrication électronique. Nous avons su maintenir, développer et adapter une force industrielle qui se fonde sur un écosystème ouvert : recherche, formation, clusters. L’industrie électronique française constitue dans son domaine ce qu’est le Mittelstand en Allemagne : un système de grands groupes, d’ETI et de PME qui fonctionne en cohérence.

C’est une opportunité incroyable à l’heure où la diffusion de l'électronique dans tous les secteurs crée des leviers de croissance multiples et diversifiés pour les industriels de la filière. Alliée à la force d’innovation de la French Tech, c’est sur le savoir-faire de l’industrie électronique, socle industriel du digital, que repose une grande partie du potentiel d’accélération des industriels français vers le Smart World. Ils peuvent s’appuyer sur la dynamique de la filière électronique et son tissu de sous-traitants. 

En tant que président du groupe LACROIX, je peux voir au quotidien la puissance de la collaboration entre une activité d’équipementier dans le pilotage d’infrastructure de la ville, de l’eau et de l’énergie et une activité de conception et fabrication en sous-traitance électronique. Notre usine LACROIX Electronics située dans le Maine et Loire a été labélisée ‘’vitrine de l’industrie du futur’’. Elle est intégrée dans un système qui unit nos trois autres usines d’électronique en Europe et en Afrique du nord, et nos centres de recherche français et allemands pour ne faire qu’une unité ouverte et connectée avec nos partenaires, fournisseurs, clients. 

Cette interconnexion croissante dépasse le périmètre de l’entreprise de ses clients et de ses fournisseurs. Elle s’impose également à l’échelle de la filière. Les racines industrielles de LACROIX sont situées au cœur du grand Ouest de la France qui concentre la moitié des services de production électronique du pays. Regroupés au sein du cluster We Network que je préside, les acteurs de la filière du Grand ouest ont créé le « programme Wise by We Network » pour développer l’industrie électronique du futur dans leur région et en France. Il s’agit d’un véritable programme d’actions pour accélérer les projets électroniques des start-ups, des PME/PMI, des ETI et grands groupes. Il intègre la formation et l’apprentissage comme la production de briques technologiques directement intégrable dans les systèmes. L’industrie agroalimentaire, automobile, chimique, textile… tous les secteurs sont concernés et prennent ainsi de l’avance en contribuant au développement du Smart World.

Cela marche et beaucoup s’intéressent à notre expérience. Ils ont raison et les défis sont enthousiasmants !


Vincent BEDOUIN
Président du Groupe LACROIX