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Le Smart Environment en Asie du Sud-Est

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L'interview d'Eric WOO, Business Development Manager en Asie du Sud-Est.

Basé à Singapour, Eric Woo développe l'activité LACROIX Sofrel en Asie du sud-est. Il partage avec nous sa vision du Smart Environment au coeur d'un territoire en pleine mutation.
 

LX : Quelle est votre vision du Smart Environment en Asie ?

EW: En Asie, l’usage du “Smart” se concentre principalement sur l’utilisation de solutions intégrant le digital pour collecter et utiliser des données. Ce large afflux de données permet une meilleure vision de l’environnement afin de gérer efficacement les réseaux et de répondre rapidement et efficacement en cas de besoin.
Lors d’un développement en Asie, il est indispensable de bien comprendre le pays et sa situation avant de passer à l’action. L’environnement géopolitique joue en effet un rôle important dans la façon dont les entreprises conduisent leurs activités.
Il faut aussi savoir garder une vision d’ensemble. En Asie, le Smart Environment est fortement lié aux problématiques des Smart Cities et tout doit être lié en amont, de la gestion des ressources à la gestion des voies et du trafic.

LX : Vous venez de Singapour, comment le pays se positionne-t-il en termes de Smart Environment ?

EW : A cause de son manque de ressources naturelles, Singapour est un pays visionnaire sur le Smart Environment.
Le gouvernement y joue un rôle important avec de nombreuses subventions invitant les entreprises à investir et à développer leur propre stratégie d’économie d’énergie et de réduction de leurs émissions de Co², principalement dans la gestion des bâtiments. Pour le traitement de l’eau et des eaux usées, le gouvernement conjointement au secteur privé jouent un rôle de chef de file pour la création de bassins hydrographiques facilitant ainsi le traitement des eaux. L’initiative NEWater permet aussi la transformation des eaux usées en eau destinée à l’industrie.
Singapour a aussi pour objectif de rendre 80% de ses bâtiments “verts” et éco énergétiques d’ici 2030. L’une des préoccupations majeures concerne la climatisation, avec la réduction des climatiseurs de fenêtres, peu efficients en énergie, pour favoriser les solutions de climatisation centrale ou intégrée aux bâtiments.
Avec une telle position, Singapour est désormais utilisée comme une référence en ASEAN. De nombreuses entreprises et autorités visitent Singapour pour étudier et partager leurs expériences en termes d’économies d’énergie et de collecte et traitement des eaux.

LX : Concernant les autres pays en ASEAN ? Où en sont-ils comparés à Singapour ?

EW : La situation peut varier grandement d’un pays à un autre. Celle-ci est profondément liée aux efforts du gouvernement et à leur orientation. 
Certains pays comme la Malaisie ou la Thaïlande prennent une direction similaire à celle de Singapour ou prennent des mesures pour améliorer le développement durable de leur environnement.
Le Vietnam lui aussi met en place diverses règles de surveillance de la qualité de l’air et de l’eau, particulièrement autour des zones industrielles. Par exemple, les entreprises doivent publier des informations à propos de la décharge de leurs eaux usées et de leurs émissions de gaz.
Dans certains pays, le sujet n’est pas encore abordé ou progresse moins rapidement et ce pour diverses raisons. L’absence de financement pour promouvoir les initiatives écologiques est l’une des principales raisons. Pour d’autres, le sujet principal est l’accès à l’eau courante et les efforts sont moindres ou inexistants en termes de traitement des eaux usées.
Tout cela représente de nombreuses opportunités pour LACROIX Sofrel, avec beaucoup de pays remplis d’opportunités potentielles pour nos produits.

LX : En dehors de l’ASEAN, est ce que la Chine se dirige aussi vers un développement plus responsable ?

EW : La Chine à plusieurs plans à 5 ans pour réduire leur pollution sur ce marché anormalement large. C’est d’ailleurs l’une de leurs priorités de développement principale.
Dans des villes comme Pékin, la pollution atteint des niveaux si critique que le gouvernement Chinois oblige les entreprises à prendre des mesures pour réduire la pollution pendant les épisodes de forte crise, allant jusqu’à faire fermer des usines pour réduire les émissions. La situation évolue donc doucement mais dans une direction encourageante.

LX : Un dernier mot pour résumer ?

EW : Il y a de nombreuses opportunités en Asie, à la fois sur les marchés de l’énergie et du traitement des eaux. Depuis la réduction des émissions de Co² jusqu’au développement des bâtiments « verts », il y a encore un long chemin à parcourir avec les autorités pour faire changer les mentalités et les comportements sur les marchés Asiatiques.
Les pays occidentaux doivent continuer et étendre les lois et régulations car l’Asie commence souvent ses actions à partir d’un modèle étranger, pour ensuite l’adapter à ses propres modèles.